Je suis perplexe. Le gagnant du Grand concours du jeu vidéo canadien de Téléfilm Canada vient d’être dévoilé et le résultat est un peu surprenant. Comme je n’y ai évidemment pas joué, je ne peux pas parler de la qualité du jeu lui-même. Mais quelque chose m’agace…

Le mandat de Téléfilm Canada comporte deux volets à la fois complémentaires et (potentiellement) contradictoires. D’une part, la société fédérale soutien financièrement l’industrie audiovisuelle canadienne dans le but de favoriser sa santé économique. L’objectif est d’avoir des entreprises concurrentielles qui emploient des travailleurs et qui participent à l’économie du pays. D’autre part, Téléfilm Canada se donne également comme mission de « stimuler la création d’oeuvres et de produits culturels ».

Visiblement, cette seconde facette du mandat de la société n’a pas pesée très lourd dans le choix du gagnant. Ce concours aurait pu être l’occasion de mettre de l’avant le potentiel du jeu vidéo en tant que vecteur de contenus culturel et en tant que forme d’expression artistique. On a plutôt choisi d’appuyer un logiciel conçu pour réduire le stress de ses utilisateurs à travers une série d’exercices interactifs. Donnerait-on un prix de littérature à un livre de cuisine?

Bien sûr, je me réjouis que Téléfilm Canada appuie le jeu vidéo. Je me réjouirai cependant encore davantage lorsque les productions retenues pour le financement l’auront été pour leur caractère culturel et artistique.